Salut,

Je vais vous la faire jour par jour :

J1 : Départ à 7h du matin pour éviter la chaleur. Incroyable tout le monde est prêt, aurait on un groupe de tueur? Toi t’es en sandales (technique piquée à Bruno). Donc le guide vient te voir pour te dire que ça va pas (lui il est ranger). Puis c’est autour de ton ami l’interprète qui vient te dire la même chose. Rien à foutre en plus c’est une journée de piste. On marche dans une vallée le long d’une rivière. Tout le monde marche bien, bon on verra quand ça monte. Déjeuner à midi et le guide te dit que le camp est à 30 minutes. Du coup on aurait pu manger au camp. Va comprendre.

Au camp tout est déjà prêt grand luxe, une immense tente mess. On est installé dans un près au bord de la rivière, bucolique. Mais bon, il est 14h on est camp et faut s’occuper. Et bien c’est parti pour une partie de domino (Gabriel, Kinnary ça vous rappelle qqchose????). Du coup t’as joué avec le guide, le chef cuistot et le chef muletier. Guy, apparemment ils connaissent le durac, je vais essayer de récupérer les règles.

Bon il pleut, faudra espérer qu’on sera au camp quand ça tombe. L’interprète nous propose d’acheter un mouton pour en faire des brochettes, et il insiste.

16h00 c’est l’heure du thé et 18h00 c’est l’heure du dîner. Les autres du groupe ont rien apporté mais finalement ils picolent pas mal. Le diner c’est une soupe avec plein de truc dedans, ensuite du riz avec des patates ou des pâtes (ouais ils sont très féculents). Toute la nuit les ânes ont foutu le bordel, t’en arrive presque à regretter les mosquées. Demain commence vraiment le trek.

J2 : Deuxième jour, déjà deux malades, le fiston et une des nanas. Ils ont vomi toute la nuit. Le fiston a pris le chemin avec les muletiers, il tient à peine debout. On s’est tapé 900 m de montée puis redescente vers le lac Alaoudin. Plutôt que déjeuner avec vue sur le lac on s’est installé dans un creux dans le vent et sans vue. Personne ne réagit, bon. En fait il y a plusieurs lacs, certains d’un bleu très clair et d’autres d’un vert émeraude, ça doit être très beau avec du soleil. Le pb est la météo, que des nuages et de la flotte, fini la chaleur. Au camp, une ramasse est tombée, les tentes sont trempées, c’est limite piscine à l’intérieur, faudrait pas que ça recommence sinon ça va être compliqué.

Putain mais ils vont la fermer ces putains d’ânes. Faut lancer un business de saucisson ici!! Entre les ânes et les coups de tonnerre, impossible d’entendre le groupe de tadjiks jacasser juste à côté de ta tente, sacrée soirée.

Au bord du lac ils ont monté une tente où ils vendent de l’alcool, on est reparti avec plus de trente bières histoire de décoincer l’équipe et d’en refiler aux muletiers et guides.

J3 : l’hécatombe continue, d’autres ont mal au bid. La balade pour aller voir un glacier est annulée, il pleut, quasiment sans arrêt. Bon, matinée Yams et après midi tarot. T’as bien fait de venir au Tadjikistan. Une légère accalmie t’a permis quand même d’aller faire le tour du lac. Le chef muletier nous a servi de guide, il a un énorme bid, des sandales et il va plus vite que nous même en montée. Dîner plof, c’est un peu leur plat traditionnel, du riz cuit dans de la graisse de mouton et avec qqs légumes. Bien gras !!!

On a dit à l’équipe que demain c’est la fête nationale française. Du coup ils vont organiser une soirée où on va chanter et danser. Tu fais remarquer que le ratio de filles n’est pas équilibré. Pas de pbs, Bobo le chef muletier peut nous en trouver. Un des muletiers a chanté, il a mis la barre super haut, va falloir qu’on s’entraîne côté français si on veut pas être ridicule.

Il est 19h30 on a fini de dîner, c’est sûr qu’en commençant le dîner à 18h. Ils vont tous se coucher et avec deux des gars on décide de retourner boire un verre où on avait acheté des bières. Et on tombe sur le guide, le chef cuistot et le chef muletier déjà installés. Donc c’est reparti pour une bouteille de vodka. C’est sous forme de toast cul sec et tu manges un morceau de tomate ou concombre avec de l’oignon pour faire passer. On a reparlé de la soirée de demain et des filles. Selon eux il en faut quatre. Pourquoi quatre ? Pour rentabiliser le taxi !! Oui les filles viennent de la ville du coin. Ensuite elles font le reste du chemin sur des mules. Faut juste imaginer le reste du groupe voir débarquer quatre nanas sur des mules pour la soirée. Et quand tu demandes au chef muletier comme il les trouve il te dit que c’est son problème.

On a aussi reparlé mouton. Ça a l’air important pour eux qu’on fasse une fête avec mouton et vodka donc il y a de grandes chances qu’une pauvre bête y passe. On a tapé une seule bouteille de vodka car demain on a près de 1000m de dénivelé positif donc faut pas déconner. En repartant ils nous ont demandé de ne pas dire à l’interprète qu’on les avait vu. En tout cas l’ambiance s’améliore (sauf avec ce con d’interprète)

Ah oui, le ranger du coin nous dit que demain qu’à dix heures le temps devrait être correct mais qu’il va pleuvoir à 14h. Une pointure le gars, il a toujours vécu là, il connaît chaque nuage, le Alain Gilopetre du coin.

J4 : lever tôt pour passer avant la pluie. Tout le long de la montée on voit des tentes où des alpinistes attendent une fenêtre météo. Effectivement on a pas eu trop de pluie. Par contre on a commencé par prendre de la grêle et après de la neige, un cauchemar. Au col à 3800m il fait zéro degrés avec rafale de neige. Y a un truc qu’on a pas dû comprendre avec l’expert météo hier… Comme d’habitude on arrive au camp à 13h au bord d’un des sept lacs Koulikalon face au pic Marie (soi-disant du nom d’une femme qui aurait fait l’ascension trois fois et qui en serait morte à la troisième).

Faut s’occuper après du lavage des fringues. Ah ces vacances de fou. On a dit ok pour le mouton et on a eu le droit en direct au sacrifice, dépeçage et découpage. Et le soir c’était brochettes moitié viande moitié gras. Ils ont fait un feu et ça a dansé et chanté. Incroyable ils connaissaient frère Jacques et la balade des champs Élysée.

Coté interprète t’es pas le seul à avoir du mal avec lui, ça passe difficilement avec les autres aussi.

Côté météo c’est toujours la merde c’est dommage car la vallée est parsemée de lacs de différentes couleurs allant du bleu au vert, entourée de montagnes de plus de 4000m couverts de neige mais pour l’instant on les voit pas.

Coté bid, il y en a qu’un sur les douze qui est pas malade. Toi t’es limite. Toujours avec du PQ dans ta poche. Pour l’instant vacances inoubliables.

J5 : waouh, grand soleil à 5h du matin. Tu vois enfin le pic Marie. Un grand bruit comme un coup de tonnerre. Une avalanche de glace et de neige assez impressionnante.

Comme il fait beau on a demandé à revoir les lacs avant la suite du trek, l’interprète n’était pas content.

Nuit au bord du lac Tchourak. On a bouffé le reste du mouton, enfin surtout du gras. Et comme le cuistot a fait le mouton il y a rien d’autre à manger. Bon ben dîner de pain. On aurait pas acheté le mouton on aurait pas eu de viande de la semaine. En plus le groupe a du mal avec l’interprète, pour une fois que t’es pas le seul. Étonnamment il y a pas vraiment de boulet, c’est presque décevant. T’as bien celle qui met du rouge à lèvres avant de partir marcher mais sinon pas de vrai boulet.