Minuit, t’es réveillé par le vent. C’est un vent tournant qui te balance du sable dans la tronche. Impossible de vraiment dormir jusqu’au lever du matin. Tu sens que ça va être une journée de merde. Peu dormi et en plus tu vas en plus porter 3 litres de flotte supplémentaire. Ouais, on a pris une raclée à la belote et comme t’es galant tu portes la part de la flotte que ta coéquipière aurait du porter. Et ces enfoirés ont remplacé, à ton insu, de l’eau par du sable dans une des gourdes.
En plus, ça tombe mal, on a l’option de monter sur des grandes dunes de sable où tu t’enfonces jusqu’aux chevilles grâce au surpoids de ton sac… Quand ça veut pas.
L’accompagnateur français voulait pas qu’on y aille mais le guide mauritanien n’avait aucun problème du moment qu’on restait visible. Vous voulez la liberté de gambader dans les dunes telle une gazelle ? Vérifier avant de vous inscrire que votre guide est local.
Côté quinté plus, après le premier coup de chaleur des premiers jours, on a l’impression que les ancien vont mieux même si à peine arrivés au camps, ils sont sur les genoux.
Côté paysage, on est repassé dans un décor de dunes, quelques acacias, parfois des tous petits villages dans des petites palmeraies. Les villages sont habités uniquement lors de la cueillette des dattes. Des petites fenêtres sont construites quasiment au niveau du sol. Apparemment c’est là où le vent souffle le plus fort et permet de rafraîchir un peu la pièce.
Côté température, ça cogne, certainement autour des 35°. Et on est dans la saison froide.
Coté bouffe, le cuistot nous sort tous les jours des plats simples mais succulents. A ce propos, ce midi, il y avait un berger avec ses chèvres près d’un puits. Un chamelier est réparti avec l’une d’elle et la voilà dans notre couscous ce soir.
Tous les soirs, après dîner, un petit groupe repart se balader sans guide pendant 45 minutes. Histoire de pimenter la balade, on fait une pause de nuit dans les dunes pour faire du…gainage. Ouais, faut être complètement barge ! Et chaque jour on augmente de 30 secondes.
Dimanche 31 janvier. On a des news de France. Les frontières vont être fermées. Ça va être sport pour rentrer dans 1 semaine. T’as proposé de remonter en 4×4 au Maroc par le Sahara occidental puis d’aller sur la côte marocaine pour trouver des passeurs de drogue. Ils ont des hors bords avec des moteurs 3 x 200 CV. Ça devrait être une balade pour traverser la méditerranée. Les autres ont pas l’air convaincu.
Aujourd’hui Annie, a sortie la tenue orange, très classe pour St Tropez. Pas super convaincu pour ici mais bon…du moment qu’il y a un peu de rouge à lèvres…
Frédéric propose, vu la future fermeture des frontières, de rentrer plus tôt. Il en a ras le bol.
Côté paysage, on a commencé par une série de dunes. En principe il nous laisse enquiller les dunes et fait passer les autres sur un terrain plus facile. Mais va comprendre pourquoi pas cette fois. Tout le monde est ensemble, il veut en achever certains ?
Ah, une nouvelle gamelle… Annie a pas aimé une pierre et s’est ouvert légèrement l’arcade sourcillere en tombant.
La matinée commence bien. On a gagné à la belote la veille, donc l’équipe perdante doit nous servir comme des rois au petit déj…. On marche dans l’oued Aghmounjeït, histoire de refaire le plein d’eau. Annie remet une couche de rouge à lèvres. Oui, passionnant.
La pause midi se fait sous un acacias. Le guide Cheirmou se pointe et nous demande si on veut commander des boissons fraîches. Hein quoi ? Amazon prime livre ici en drones? Trois heures plus tard on arrive au village de Medah. Une rue principale avec quelques échoppes dont une avec un frigo qui marche au solaire. Le patron avait été prévenu par téléphone et avait mis des boissons au frais. Dans 10 ans, y aura quoi? Un KFC ?
Le gars a été dévalisé. T’avais commandé 2 cocas, t’en as tapé 4. Pas prêt de retrouver un goût de froid dans la bouche avant la fin de la semaine.
Histoire de remotiver les troupes, t’as fait péter la fin du Pastis et du saucisson le soir. Comme les vendeuses étaient venues s’installer devant le camp pour nous proposer de l’artisanat local, il a fallu attendre qu’elles soient parties pour sortir le faux halouf.
La lune apparaît de plus en plus tard, ce qui permet de voir enfin vraiment bien la voie lactée. Comme chaque soir, une ballade de nuit au son de Louis Armstrong.  »it’s a wonderful world ». T’as juste la séance de gainage sur une dune qui pique un peu. Le guide est pas trop inquiet de nous laisser partir car un gars a la montre avec ‘retour maison’.
Ricardo, en gaine sur une dune